Apprendre à exprimer ses émotions et ses besoins jusqu’à la guérison.

Apprendre à exprimer ses émotions et ses besoins jusqu’à la guérison.

Au cours de mes enquêtes, j’ai fait la connaissance d’Yvane Wiart, auteure de Stress et cancer, quand notre attachement nous joue des tours, ouvrage de référence et impressionnant par
sa solidité et sa rigueur. En synthétisant 300 articles scientifiques, eux-mêmes basés sur des milliers d’études, cette psycho-oncologue de l’université Paris-Descartes établissait de manière indiscutable le lien entre la neurophysiologie du stress et le cancer.

Elle montrait également comment le « style d’attachement » acquis dans les relations avec l’entourage au cours de l’enfance, préside à nos réflexes relationnels, à notre stress et à la genèse ou non de la maladie…
Pour Yvane Wiart, la chose était claire : une personne à l’attachement sécure, c’est-à-dire capable d’exprimer librement ses émotions, de prendre en compte autrui sans sacrifier ses propres besoins et de solliciter de l’aide en cas de détresse, une telle personne capable de se rendre disponible comme de dire non, une personne qui se prend en compte donc, est prémunie contre le cancer.
À l’inverse, une personne pour laquelle la relation est vécue anxieusement, qu’elle mène à la dépendance affective, à l’autonomie compulsive ou, à l’inverse, à l’aide compulsive à autrui dans le but inconscient d’être aimé, est prédisposée.

Cela, ce sont soixante ans d’études en psychologie qui le montrent.
Pour Yvane Wiart, la raison en est simple : le stress relationnel est le premier facteur de stress psychique, lui-même première source de stress physiologique, lui-même cause de la cancérisation des cellules, devant les pollutions environnementales.
« Le cancer n’est pas si mystérieux, finalement. »

La bonne nouvelle, c’est que par une introspection ou un accompagnement psychologique adapté, on peut passer d’un profil anxieux relationnel à un profil sécure, en apprenant à exprimer ses émotions et ses besoins, jusqu’à la guérison…
C’est ce que montre notamment une étude menée en 2004 par l’équipe du docteur Alastair Cunningham, de l’Ontario Cancer Institute, auprès d’anciens malades de cancers métastasés, reconnus médicalement incurables mais ayant déjoué le pronostic à long terme à la suite d’une psychothérapie.

Tous ces guéris exceptionnels avaient opéré une prise de conscience qui avait amélioré leur proximité émotionnelle aux autres et leur vie affective.

Dans mon parcours, j’ai rencontré plusieurs personnes confrontées au cancer et, à chaque fois, les thèses avancées par Yvane Wiart se sont vérifiées.
C’est ainsi que j’ai eu l’occasion d’interviewer Alain Moenaert, guéri en quelques semaines d’un cancer de mauvais pronostic après s’être autorisé à quitter sa vie stressante pour s’installer dans le pays tropical où il rêvait de séjourner, sans se l’autoriser.
« Je me suis occupé de moi, rien que de moi et encore de moi », m’expliquait-il.
Sa compagne, elle aussi malade du cancer, a guéri en guérissant ses stress, après avoir refusé tout traitement autre que la chirurgie.

Source : Emmanuel Duquoc, Alternatif Bien-être, décembre 2018, n° 147

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