Enneagram Prison Project à Marche en Famenne

Enneagram Prison Project à Marche en Famenne

 

Amener l’ennéagramme dans les prisons, ce n’est pas nouveau, du moins en Wallonie. En effet, tous les directeurs de prison sont formés et beaucoup d’agents aussi.
Par contre parler l’ennéagramme des deux côtés des barreaux, ça, c’est vraiment unique.

 

 

Tout commence en 2009 aux Etats Unis, quand Suzan Olesek, fraîchement certifiée en ennéagramme, est invitée dans une petite prison du Texas pour enseigner la conscience de soi à un groupe d’hommes incarcérés. Pour ce faire, elle utilise une méthode ancienne de connaissance de soi appelée ennéagramme. Elle observe alors de profonds changements chez ces élèves motivés et est de plus en plus convaincue que l’ennéagramme doit être introduit dans toutes les prisons des Etats-Unis et du monde.

En 2012, Suzan développe un programme spécialement destiné aux détenus et elle  fonde l’ Enneagram Prison Project (EPP) qui, porté par une petite équipe de bénévoles, est en train de s’étendre aux Etats Unis.

Aujourd’hui l’Ennéagramme Prison Poject offre une approche convaincante capable de changer le paradigme des programmes d’incarcération ainsi que des services de réinsertion.

Le programme EPP a pour mission d’enseigner aux détenus la compréhension du pourquoi nous faisons ce que nous faisons. Il utilise l’ennéagramme pour inspirer la transformation grâce à la conscience de soi, la compassion envers soi-même et l’autorégulation.

La vision de l’EPP est d’enseigner l’ennéagramme aux personnes qui en ont le plus besoin et de faire évoluer notre système correctionnel d’un lieu de punition à un lieu de guérison en inspirant la transformation de soi de l’intérieur.

Pour EPP et pour chacun de ses guides (enseignants), dans chaque être humain, quels que soient ses comportements, il y a une belle personne, quelqu’un de bien, un être de bonté.

Comme système psychologique, l’ennéagramme nous donne une « carte » des structures de l’ego. Il décrit neuf stratégies différentes que l’être humain développe dans son enfance pour survivre.

L’approche de l’Enneagram Prison Project vise à faire prendre conscience de ce qui est bon chez soi. Nous présentons d’abord l’ennéagramme en parlant des cadeaux avec lesquels nous sommes venus au monde, des talents qui sont présents chez chacune des 9 bases et de la lumière qui se trouve en chacun de nous. Chaque base est donc vue d’abord par ses côtés positifs et ensuite nous expliquons comment notre personnalité nous limite et nous emprisonne. A partir de là, tout est possible : nous prenons conscience de ce qui traverse notre vie et nous découvrons la liberté de choisir d’autres réactions.

En arrivant à la prison de Marche-en-Famenne, nous ne savions pas à quoi nous attendre ; nous étions dans l’excitation de commencer cette aventure avec Suzan et Rik et très vite, nous avons compris comment les modules se superposent les uns aux autres pour donner une puissance infinie à cet enseignement.

Nous avons été impressionnés par les 19 détenus, dont 4 femmes, qui avaient décidé de suivre ce programme de quatre jours. Quand ils ont arrivés, ils nous ont tous serré la main, certains chaleureusement, d’autres un peu plus craintivement n’osant pas nous regarder dans les yeux.
Tous, qu’ils participent activement depuis le début ou qu’ils se mettent en position d’observateurs, ont été très attentifs. Ils ont fait les exercices de recentrage proposés alors que cela ne leur était pas forcément familier.
Ils ont exprimé plus que des attentes, l’espoir de comprendre enfin leur fonctionnement.

Et chaque fois qu’ils partaient et qu’ils revenaient, ils nous serraient tous la main. Nous sentions combien ils étaient en manque de contacts chaleureux. Les plus fermés s’ouvraient un tout petit peu chaque jour et àprès quelques jours,ils nous regardaient tous dans les yeux. Ils se sentaient regardés comme des êtres humains et uniquement comme cela. Nous faisions tous le même travail de développement personnel ; tous nous nous retrouvions grâce à l’ennéagramme avec des talents et des limites et ensemble, nous faisions le chemin.

Souvent nous, les guides, nous oubliions que nous étions dans une prison. Nous avions l’impression d’être dans une salle de formation ordinaire avec des gens très motivés et qui comprenaient très vite de quoi on parlait, qui faisaient leur devoir (un le midi et un le soir) du mieux qu’ils pouvaient et qui étaient heureux d’être là. La réalité nous rattrapait quand il fallait sonner  pour qu’on déverouille une porte et qu’elle était très lourde à ouvrir ou bien quand en fin de journée, les agents venaient chercher les détenus et que nous, nous sortions.

Cette semaine est la plus intense de toute ma vie. Chaque fois que je donne une formation à l’auto-hypnose, à l’ennéagramme ou à la permaculture humaine, j’ai la sensation d’être utile, d’aider, de faire quelque chose qui a du sens et dans ce projet tout cela est décuplé.

Pour l’instant, nous faisons cet accompagnement bénévolement parce que nous y trouvons un sens, une raison d’être. Nul doute que très bientôt nous trouverons les fonds pour péreniser ce projet magnifique !

 

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